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    Art
    Andy Warhol au Grand Palais

J'aime les choses barbantes. J'aime que les choses soient exactement pareilles encore et encore.


Tout le monde est très beau, ou alors personne.


Ne lisez pas ce qu'on raconte sur vous, mesurez-le en centimètres.

Tout est plus glamour quand vous le faites sur votre lit. Même peler des pommes de terre.


L'attraction la plus excitante se trouve entre deux opposés qui ne se rencontrent jamais.


Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n'avez qu'à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n'y a rien dessous.
Tout est artificiel, dans une certaine mesure.


Un artiste est une personne qui crée des choses dont les gens n'ont pas besoin mais, pour une raison quelconque, il pense que ce serait une bonne idée de leur apporter.


L'art, c'est déjà de la publicité. La Joconde aurait pu servir de support à une marque de chocolat, à Coca-Cola ou à tout autre chose.


Gagner de l'argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit.


Quand je mourrai, je ne veux pas laisser de restes. Je voudrais disparaître. Les gens ne diraient pas "il est mort aujourd'hui", ils diraient "il a disparu".


J'aime être la bonne personne au mauvais endroit et la mauvaise personne au bon endroit.


Mes peintures ne correspondent jamais à ce que j'avais prévu, mais je ne suis jamais surpris.


Plus on regarde exactement la même chose, plus elle perd tout son sens, et plus on se sent bien, avec la tête vide.


Un jour, chacun pensera exactement ce qu'il a envie de penser, et alors tout le monde aura probablement les mêmes opinions.


La notoriété, c'est comme de manger des cacahuètes : quand on commence, on ne peut plus s'arrêter.


Quand je suis vraiment impressionné, je suis si ému que je ne peux plus parler. Heureusement, la plupart des gens qui travaillent pour moi sont si émus qu'ils ne peuvent plus s'arrêter de parler.

Alors qu'on le croyait frivole, se révélerait-il un brin mystique ?

Grâce à l'exposition qui lui est consacré du 18 mars au 13 juillet 2009, Warhol continue de provoquer la surexposition. Les Galeries nationales du Grand Palais présentent pour la première fois cet ensemble considérable de tableaux qui constitue une archive sans précédent dans l'histoire de la peinture et de la photographie. L'exposition de 250 pièces, constituée de sérigraphies mais aussi de nombreuses photographies, vidéos et films, est l'occasion de découvrir l'oeuvre d'Andy Warhol dans toute sa richesse et sa diversité, Cet évènement est réalisé avec le soutien de LVMH / Moët Hennessy Louis Vuitton, Les nombreuses oeuvres, dont une grande partie a été exceptionnellement prêtée par The Andy Warhol Museum de Pittsburgh ainsi que par des collectionneurs privés permettent aux visiteurs de découvrir la variété du talent de son auteur dans l'usage des différents médias. En passant de salle en salle on découvre les différents thèmes de l'oeuvre warholienne : les autoportraits, les screen tests (portraits filmés de 3 minutes projetés au ralenti), Mao, les dollars, la Cène, et l'on découvre surtout son intérêt pour Hollywood, l'argent et la société de consommation.

Andy Warhol est une figure essentielle du pop art, Issu d'une famille modeste d'origine slovaque immigrée à Pittsburgh (Pennsylvanie) dans les année 1920. Andrew Warhola, de son vrai nom, montre des talents artistiques précoces et se passionne dès son plus jeune âge pour les stars de cinéma dont il collectionne les photos dédicacées.
Il entamera au lendemain de la guerre des études de dessinateur publicitaire au Carnegie Institute of Technology de Pittsburgh. En 1949, il s'installe à New York, prend le nom d'Andy Warhol et débute une brillante carrière dans la publicité. Il expérimente le procédé de la sérigraphie pour les magazines Vogue ou Harper's Bazaar, réalise des vitrines de grands magasins, dessine des pochettes de disque, des couvertures de livres...
Evoquant cette période de sa vie, il dira: « J'ai commencé comme artiste commercial et je veux terminer comme artiste d'affaires »

Autoportraits, Icônes, Arts et commerce, Machine
Lorsque l'on pénètre dans la nef du Grand Palais, on peut dans un premier temps admirer une toile insensé faite par l'artiste alors qu'il n'avait que 20 ans, Il s'agit d'un autoportrait surréaliste: un visage déformé avec un grand nez dans lequel il se met un doigt, Le titre annonce la couleur de son oeuvre: The Lord Gave me my face, but I Can Pick my Own Nose (1948) que l'on peut traduire par Le seigneur m'a refilé mon visage mais je peux me gratter le nez tout seul, Cela donne alors un aperçu de la vision de l'artiste et le ton de l'exposition, Du pop!
Mao, Commandes, Cinéma, Portraits en pieds
Les deux autoportraits en face font penser à deux indiens avec leurs coiffures de guerre, vient ensuite le portrait géant de Mao, ses lèvres colorés volontairement par Andy Warhol lui donne un air lubrique. Se trouve en face le tableau Ladies and Gentlemen, qui parle plus franchement de sexe car il s'agit de transexuels.
Le monde de l'art, de l'argent et du glamour...
Différents portraits peints de people et riches inconnus, ceux que son ami Robert Rosenblum appelait « la cour » de Warhol, produits entre 1962 et 1987, année de sa mort, Cela avec sa technique révolutionnaire qui lui permet de tous les transformer en icône: prise de vue de ses modèles au polaroïd Big Shot, choix des clichés, « maquillage » et transposition sérigraphique.
« A l'avenir, tout le monde aura quinze minute de célébrité » ironisait l'artiste.
...Royautés et politiques, Génies, Générations
C'est l'occasion de (re)découvrir quelques centaines de portraits de l'icône du pop art, En effet on peut y retrouver des présidents comme Jimmy Carter ou Gerald Ford, des sportifs comme Pelé, des stars de cinéma avec Clint Eastwood, des chanteuses avec notamment la célèbre Debbie Harry, des aristocrates industriels sans oublier des couturiers, Valentino et Giorgio Armani mais sans Yves Saint Laurent. On retrouve également la célèbre Marilyn dont il fût amoureux dans les années 1950-1955, et qui l'inspira beaucoup.

Andy Warhol aimait dire : « Tous mes portraits doivent avoir le même format pour qu'ils finissent par former un seul grand tableau intitulé Portrait de la Société. Bonne idée, non?  »

Cette liste de noms n'est pas exhaustive, mais cela nous permet de contempler quelques uns des portraits parmi les milliers peint par l'artiste dans son atelier baptisé Factory, à la fois atelier d'artiste, une scène de performances, un studio de cinéma expérimental et un studio d'enregistrement pour le Velvet Underground, que Warhol produit.
Ses portraits en série sont un clin d'oeil aux productions industrielles en série et nous permettent de les admirer d'une autre manière que comme un bottin illustré.

Que faut-il donc penser de ces portraits qui deviennent alors un fonds de commerce ?
Qui se cache derrière Andy Warhol ?
Un artiste commercial ou un révolutionnaire de l'art ?
Ni l'un ni l'autre, avance Alain Cueff, commissaire de l'exposition: « Andy Warhol n'est pas le premier à faire des séries, cela commence avec les meules de foin de Claude Monet, En revanche, il en a un usage très spécifique, En ce qui concerne l'image de Warhol, souvent considéré comme superficiel, mondain, volatil, artiste cynique très intéressé par l'argent, le paradoxe Warhol apparaît de lui-même dans cette exposition, Ici, l'artiste n'est pas à l'opposé de son image, mais on mesure sa générosité, son empathie avec ses sujets, son sens professionnel ».
Aujourd'hui, le débat sur Andy Warhol et son rapport à l'argent semble un peu dépassé, « Warhol serait d'ailleurs interloqué si on comparait le volume d'argent généré par ses oeuvres et celles des artistes d'aujourd'hui », note Alain Cueff.
En effet , s'il touchait de son vivant quelque 25 000 dollars pour un portrait sur commande, un artiste comme Jeff Koons vend aujourd'hui une oeuvre plus de 26 millions de dollars...
Pour percer le mystère Warhol, une seule certitude persite, « Andy Warhol est un grand provocateur, un manipulateur, Il ne cesse de brouiller les pistes », explique Alain Cueff.

Comme disait son vieil ami John Richardson : « Never take Andy at face value », Ce que l'on peut traduire par:
« Ne prenez jamais Andy au pied de la lettre »
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Au fil de l'exposition, nous pouvons découvrir les différents thèmes abordés par Andy Warhol, On découvre alors peu à peu l'artiste et on cerne davantage le personnage. Trois portraits de Basquiat, dont l'un en pieds, et un autre en buste donnent l'impression d'une grande intimité entre Warhol et lui, et le portrait de Basquiat évoque celui de Warhol en coiffe indienne que l'on peut voir au début de l'exposition, comme s'il faisait parti de la même tribu.
La dernière Cène
Le dernier thème abordé est son obsession pour la mort et son culte des morts vivants. Dès les années 60, ce graphiste de mode va sérigraphier des photos de suicides, de chaises électriques ou de crash automobiles, pour les vendre comme des icônes. La toute dernière étant The last Supper (Christ 112 times),Yellow, une série de 112 portraits du Christ.

La visite s'achève par un passage obligé par la boutique remplie de livres, cds, dvs, objets en tout genre, consacrés au pop art et Andy Warhol. Il est donc possible d'acheter la mythique boite de soupe Campbell (pleine de soupe !) ou encore la reproduction d'une de ses nombreuses oeuvres.

La société de consommation tant admirée et reproduite par l'artiste est ainsi perpétuée par le musée et vous pousse ainsi à acheter.
C'est Andy qui aurait été content de voir ça...

 
 
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